Maïlis à Séville

Tout ce qu'il faut savoir sur la vie à Séville (tourisme, vie quotidienne, emploi, fêtes...). Récit de ma propre expérience.

27 juin 2007

Le système de santé public en Espagne

Lorsque l’on vit en Espagne, la santé publique est gratuite, que l’on soit travailleur ou chomeur. On ne paye rien*, qu'il s'agisse d'une consultation pour une otite ou un accouchement à l'hopital. Je rappelle qu'il existe 2 systèmes, le public et le privé. Voici donc une description du système de santé public espagnol, vu par une française.

COMMENT ÇA MARCHE ?

Selon où l’on vit, on dépend du centre de santé (centro de salud) de son quartier. Il faut aller s’y inscrire, en donnant son numéro de sécurité sociale et son adresse. Si vous n’avez pas la carte, vous pouvez la demander lors de cette inscription (il faut compter un an pour la recevoir). Armez-vous de patience, dans certains centres de santé le personnel de l’accueil n’est pas toujours compétent lorsqu’il doit inscrire “un étranger” (plusieurs prénoms, un seul nom de famille, ça perturbe beaucoup !).

Un centre de santé, c’est en général un bâtiment de plusieurs étages où sont regroupés des dizaines de médecins.medecin C’est un peu comme un dispensaire, on attend devant la porte de son médecin entouré d’autres patients. L’ambiance est moins calme que dans nos salles d’attente de médecins en France, c’est plus “ambiance hopital”.

Dans ce dispensaire on va donc vous attribuer un médecin. Il faut savoir que dans de nombreux centres de santé, les médecins travaillent tous les matins et une après-midi en semaine (si une après-midi vous arrange mieux qu’une autre pour les consultations, prenez ce facteur en compte !).

Lorsque vous serez malade, vous prendrez toujours rendez-vous avec le même médecin, celui qu’on vous a attribué. Si pour une raison ou pour une autre vous n’êtes pas satisfait, vous pouvez demander à changer sans problème.

Pour prendre rendez-vous, soit vous allez au centre de santé (pas pratique quand on a 40 de fièvre !), soit vous prenez rendez-vous par téléphone (c'est récent !). Chaque Communauté Autonome a son système et son propre numéro de téléphone pour prendre ce rendez-vous (en Andalousie, c’est le 902 505 060). On parle même de pouvoir prendre rendez-vous par internet ou via SMS mais je ne sais pas si cela est encore au point.

Si vous êtes malade et que vous ne pouvez pas aller travailler, et que votre médecin traitant ne peut pas vous voir avant plusieures heures/jours, vous devez vous rendre au médecin de garde, dans le même centre de santé (c’est considéré comme une urgence). Il faut toujours vous rendre à l’accueil, et on vous donnera un ticket pour aller consulter ce médecin.

Comme en France maintenant, il faut passer par son médecin traitant pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste. Vous expliquez les motifs et c’est le médecin qui prend directement le rendez-vous pour vous. Il vous remet une feuille avec le rendez-vous et le nom du spécialiste, ne perdez pas ce document, on vous le demandera chez le spécialiste.

*Je rappelle que tout le système public est gratuit, on ne vous fera rien payer. Seul le dentiste n’est pas couvert (mise à part l’extraction des dents de sagesse), il faut aller chez des dentistes privés.

NB : De nombreuses personnes s'accordent à dire que les relations avec la médecine publique espagnole sont soumises au facteur chance. Lorsque du premier coup on tombe sur un bon généraliste, compréhensif et sympathique, ça met en confiance pour la suite. Lorsque ce n'est pas le cas et que vous tombez sur de mauvaises personnes plusieures fois de suite, vous pouvez soit changer de médecin, soit passer par le système privé. (cotisations à payer tous les mois).

NB 2 : On entend également souvent dire que ce sont les soins pour le "tout courant" qui laissent à désirer. Une angine, la peau sèche, une plaquette de pilule à renouveler, ça n'interesse personne donc c'est expéditif. En revanche, dès que le cas se complique, les centres de santé envoient directement leurs patients à l'hôpital public, où là (parait-il) il y a de bons professionnels, à l'écoute des malades, et compétents.

MIEUX VAUT PREVENIR QUE GUERIR... (BON A SAVOIR)

Il existe quelques différences avec le système français. Mieux vaut donc savoir qu’elles existent et vous y préparer...

Le temps de la consultation


montreIl est bien inférieur à celui d’une consultation en France. En général, une consultation ne dure pas plus de 5 minutes. Vous expliquez ce que vous avez, on vous observe, et on vous fait une ordonnance. Si vous venez pour un mal de gorge, on vous regardera la gorge, on ne vous fera même pas enlever votre blouson pour écouter vos poumons.

Les médicaments

medicamentsCertains médecins préconisent les méthodes naturelles pour soigner les maux courants. Ne soyez pas surpris si en allant consulter pour une gastro on vous prescrit de l’eau, de la soupe et de la tisane, sans aucun médicament. C’est courrant.

La consultation

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Il est possible que qu'en entrant dans le cabinet du spécialiste il y ait un autre médecin (occupé à remplir des dossiers). C'est assez bizarre de vous retrouver face à 2 médecins (un qui vous écoute, l'autre qui prête une oreille tout en remplissant ses papiers), et selon les situations, pas franchement agréable...

Enfin, pour conclure, rien de tel que quelques témoignages de résidents français en Espagne. Lisez également nos commentaires à ce sujet sur notre forum.

TEMOIGNAGES

 

Karine, 35 ans, Madrid

Je trouve que les systèmes de santé public et privé sont finalement assez similaires au niveau de l'attention "client". 

On est dans les 2 cas rien qu'un numéro. Car les médecins ont un planning chargé (une personne toutes les 5mn en moyenne), pour "rendimiento". 

Après c'est une histoire de chance de tomber sur un bon médecin dans le public ou dans le privé, sauf que dans le public t'as pas vraiment le choix. 

Ce que je trouve enquiquinant c'est de devoir passer systématiquement par le public pour avoir un arrêt de maladie et une ordonnance qui te permet de ne pas payer à 100% les médicaments. Se farcir et ton médecin privé puis ton médecin public quand tu as 40º de fièvre, c'est moyen. 

Choquant aussi le manque d'auscultation. C'est à toi de mesurer ta fièvre avant de venir... Je ne trouve pas ça normal qu'on te donne des antibiotiques sans t'ausculter, juste sur les symptômes que tu décris, sans vérification. 

Moi ce qui m'énervais aussi au début c'est savoir comment fonctionne la queue puisqu'il n'y a jamais de secrétaire médicale pour te recevoir, donc quand tu as un niveau plus que moyen d'espagnol c'est dur de se lancer pour demander qui est le dernier ou si c'est le médecin qui appelle. 

Concernant l'accès aux spécialistes, je passe par le privé notamment à cause de ça. Pour l'attente concernant les opérations, même chose, cela dit je ne sais pas comment ça se passe en France. 

Globalement, je dirais qu'en tant que français on est mal habitué et que mon médecin de famille me manque!!

Maïlis, 24 ans, Séville

Je ne suis pas vraiment satisfaite de ce système. L’attention que portent les médecins aux patients, même en cas de problème begnin, devrait toujours être correcte. Je n’ai peut-être pas eu de chance, mais il m’est arrivé des histoires avec tous les médecins et spécialistes que j'ai vus jusqu'à ce jour. Cela ne vient pas d'un problème linguistique (je n'ai aucune difficulté avec la langue espagnole), mais plus d'un m'a regardé comme si j'étais la dernière des imbéciles parce que je leur demandais quelque chose à laquelle ils n'étaient pas habitués. Comme ce n’était que pour des petites choses, ce n’est pas très grave, mais dès que je pourrai, je me payerai une assurance privée.

Par ailleurs, je n’arrive pas à me faire à ces rendez-vous express qui durent quelques minutes, et aux salles d’attente des centres de santé, bondées de personnes agées qui viennent y passer l’après-midi pour discuter… Je n'ai jamais eu la peur des hôpitaux en France, mais là j'avoue qu'avec tant de mésaventures à la suite que ça en est devenu psychologique et je dois vraiment faire un effort physique pour passer les portes du centre de santé...

Et je continue à me payer de ma poche certains spécialistes en France, n’étant pas satisfaite de certains spécialiste de la sécurité sociale. De toutes façons, ça me coûte toujours moins cher que d’aller chez un spécialiste privé espagnol.

Amélie, 31 ans, Madrid

Jusqu´a maintenant, je ne me plains pas du service de santé public (et comme Karine, je pense qu´il est similaire au privé...en ce qui concerne l´attention au client)....Malgré une très mauvaise impression lors de mon inscription et ma demande de carte à mon centro de salud (3 femmes devant l´écran pour entrer mes données...no comment). Les conséquences n´ont pas été trop graves et se sont limitées a la perte de ma carte (D´après leur système informatique je l´aurai recue il y a un an!). Puis vint le jour de mon premier rendez vous avec mon médecin. Avant de le rencontrer, j´ai passé 10 min avec une infirmière super sympa qui m´ a posé pleins de questions sur ma santé en générale, mon rythme de vie, mon alimentation...et elle a tout rentré dans son ordinateur (sans l´aide de personne)! J´étais impressionnée, la derniere fois que j´avais répondu à autant de questions remonte à ma dernière visite médicale du collège!!! Quant au médecin, les consultations furent en effet courtes, ses yeux étaient beaucoup plus figés sur l´écran de l´ordinateur que sur moi, car lui aussi devait mettre à jour ma e-fiche (La derníère fois que j´ai consulté en France, le médecin avait ma fiche en format A5 dans une petite boite…et il l´a remplissait au Bic!). finallement …le Mal fut guéri, donc je n´ai rien à redire...

Note: Un truc quand mème incroyable, je ne rentrerai pas dans les détails...mais les soins sont parfois "exagérés" par rapport à la consultation. Mieux vaut prévenir que Guérir...serait leur slogan?

Karine, 26 ans, Hellin (Castille)

Un peu comme tout le monde pour le public : j'ai eu du mal a me faire a l'absence d'auscultation, et par contre, j'ai pas eu a droit a l'infirmiere pour le questionnaire (et le medecin non plus ne l'a pas fait...)...

Pour chez moi pas de médecine de "confort": une angine ce sera par exemple antibio, mais rien pour calmer la douleur, ou adoucir la gorge...Et comme tout le monde, 2 minutes 30 montre en main pour le temps de consultation...
Par contre, bien meilleure impression dans le privé : premiere consultation de 30 minutes, auscultation systematique, consultation de mini 1/4 heure, le medecin parle et prend en compte l'état moral...

Pour les spécialistes, je ne suis passée que par du privé. Tres bons retours, a part pour le dentiste... Il voulait m'arracher des dents, et m'a soigné des dents... qui en fait étaient saines (no comment). Je vais voir le prochain si il est mieux ! Très contente également du suivi gynéco…

Donc contrairement à Karine et Amélie, j'ai une tres bonne experience pour le privé... et pas pour le public (d'autant que mon medecin public veut pas me croire quand je lui dit que je suis allergique a certains antibio... )

Utile : un dictionnaire médical franco-espagnol (merci Sol !)

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11 avril 2007

2 ans à Séville, par Vanessa

Vanessa est une jeune française qui a vécu à Séville pendant deux ans. Elle s’est totalement intégrée dans cette ville et décrit à la perfection LA vie à Séville. J’ai découvert son blog par hasard, il est rare de trouver quelqu’un qui décrive aussi bien la façon de vivre ici. En effet, beaucoup de touristes et d’étrangers passent à Séville, plus ou moins longtemps, mais peut de gens comprennent cette ville, saisissent la philosophie de la vie d’ici…

Nous nous ne sommes malheureusement jamais rencontrées, puisque lorsque j’ai découvert son blog, elle allait quitter la ville. C’est dommage, mais je suis sûre qu’elle reviendra un jour passer quelques temps ici ! Vanessa1 Edit ! Avril 2007 : nous nous sommes rencontrées, pendant la Feria de Séville bien sûr ! (2 photos ensembles de cette journée à la fin de cet article).

J’ai sélectionné quelques passages de son blog sur la vie à Séville. Je suis tout à fait d’accord avec elle, je me retrouve totalement dans ses propos. Tout ce qu’elle a écrit, c’est aussi ce que je pense et ressens.

Je vous invite donc à lire ces passages, et vous retrouverez bien sûr l’intégralité de ses 2 années sévillanes (nombreux articles et belles photos) sur son blog : http://vanessaaseville.overblog.com

Bravo pour ton blog Vanessa, et merci de me laisser publier des passages de tes articles sur le mien ! A bientôt à Séville !

LA VIE A SEVILLE

Quand je suis arrivée à Séville mes cousins, mes collègues de bureau, des amis me l’ont dit : « Aquí en Sevilla se vive bien » (« Ici à Séville on vit bien »). Vu le nombre de personnes qui me l’a dit, j’ai vite pensé que c’était une phrase toute faite que se répétaient les Sévillans qui considèrent leur ville comme la plus belle du monde.

Mais en fait, ils avaient raison, c’est aussi simple que ça, on peut le résumer en ces quelques mots : « Se vive bien ». Les gens ici ne vivent pas pour gagner de l’argent pour avoir une grande maison, des vacances incroyables, avoir des promotions… Non ils vivent pour être heureux le jour même. Avoir de l’argent ? Suffisamment pour sortir le soir avec ses amis et maintenir sa famille. L’essentiel c’est d’avoir le temps. Le temps de sortir, de voir ses enfants, de s’occuper de sa famille, des anciens (je crois n’avoir jamais vu autant de personnes s’occuper de leurs parents d’un certain âge), d’aller à la plage, d’avoir des loisirs… bref, le temps aux dépends de l’argent. D’un autre côté, la vie n’étant pas chère à Séville, ils ne manquent de rien non plus et vivent exactement comme nous.

Ici on travaille pour vivre et pas l’inverse. Le fait de travailler le lendemain ne va pas empêcher les gens de sortir le soir. Ainsi, si on se balade vers 22h n’importe quel soir de la semaine, on voit les bars à tapas toujours pleins. Les Sévillans aiment se retrouver entre amis et comme il fait très souvent très beau l’habitude est de se retrouver dans les bars et non pas d’inviter à dîner chez soi comme on le fait en France. Autre chose, les Sévillans (et les Espagnols en général) ne rentreront jamais dans un bar vide, ils choisiront toujours le plus bondé même si ils n’auront pas la place de faire trois pas.

Les Sévillans se sont créé une vie agréable à domicile sans avoir besoin d’attendre les vacances pour profiter des sacrifices effectués pendant le reste de l’année.

Autre caractéristique des Sévillans : ils voient la vie toujours du bon côté. Si quelque chose de mal arrive ils relativisent le problème et continuent leur vie. Ils ne pensent pas tellement au futur, quand je leur parle de mes projets pour septembre, ils haussent les épaules, rigolent et me répondent que c'est bien loin septembre. Ils acceptent leur sort, ne sont pas anxieux. Une bonne leçon de vie pour moi ! 

Ici à Séville on vit bien et quand on a goûté à cette vie-là on n’a plus envie de la quitter…

VELA DE SANTA ANA (26 juillet, fête du quartier de Triana)

Ce mardi, donc, on va boire une bière au bar de Santa Ana. Très joli cadre: terrasse au milieu de la rue donnant face à la jolie église. En chemin du bar, alors que je n'ai pas une grande motivation, tous mes sens s'éveillent: de la musique, des gens partout, debout, assis devant des tapas, riant, dansant, chantant, mangeant, buvant... et surtout souriant. C'est incroyable comme les gens ont l'air heureux. Je le répète ils ont une philosophie bien spéciale. Ils profitent de la vie sur le moment, ne pensent pas à demain, à quoi bon si demain on peut être mort ? Ils ont sûrement autant de problèmes personnels, familiaux ou au boulot que nous mais ça ne se voit pas. Dans la rue, ce sont des visages souriants que l'on croise. Et c'est communicatif. En quelques minutes, je retrouve mes envies de fête, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles et je suis heureuse. Vive Séville où on vit dehors et où les gens ne dorment pas. Car tous ces gens bien sûr travaillent demain. Et quand on est parti à 1h on devait être les premiers...

SEVILLE, VILLE DE CONTRASTES

Séville est une ville de contrastes qui est basée sur une dualité continuelle. Ici on habite soit à Séville soit à Triana, on aime soit la Giralda soit la Torre del Oro, on préfère soit la Semana Santa soit la Feria de Abril, on vénère soit la Vierge de la Macarena soit celle de Triana, et ceci culmine bien sûr dans le football : on est supporter soit du Sevilla soit du Betis. Ici il faut choisir son camp, pour chaque chose.

QUITTER SEVILLE ?

Je ne sais plus trop où j’en suis, alors je vais écrire. Depuis ce dernier post, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai passé quelques entretiens sur Séville qui se sont plutôt bien passés. Et puis mes envies de bougeotte m’ont reprise… J’ai commencé à réfléchir et je me suis dit : est-ce que ce contrat qui s’arrête ça ne serait pas mon opportunité pour partir ailleurs, pour voir autre chose, découvrir quelque chose de nouveau ? Et puis je me suis mise à penser à tout ce qu’il me manque à Séville : le droit du travail ( :-)), une vie culturelle plus dense, des activités plus variées…

Alors je me suis décidée, j’ai décidé de quitter Séville, de partir… Pour où ? […]

Et puis ces derniers jours, les adieux au boulot, les quelques discussions avec les amis je doute parce qu’à Séville je suis heureuse, c’est vrai. J’ai un groupe de très bons amis, quelques personnes que j’aime de tout mon coeur, de la famille, une ville dans laquelle je me sens bien, où je me sens chez moi, où j’aime la culture. Car oui Séville est sûrement la ville où je me sens le plus « chez moi », Hendaye viendrait loin derrière, derrière Troyes, derrière Paris. Mais je n’ai pas l’impression d’en avoir vu assez pour me poser quelque part. Si je reste à Séville je suis capable d’y rester longtemps et ça c’est pas possible. J’ai besoin d’en voir plus, de vivre ailleurs encore et un jour je me dirai, « ça y est j’en ai vu assez  je vais construire ma vie ici … ou là »

BILAN – 2 ANS A SEVILLE

Après mes deux années passées à Séville j'ai envie de vous donner cette vision de franco-sévillane dont je vous parle dans l'introduction de ce blog.

Alors commençons par le commencement : Séville, ma terre.

Séville est une ville que j'ai toujours considérée comme étant “ma ville”, mais ce n'est pas tout à fait exact. Depuis toute petite, nous venions en famille passer les fêtes de fin d'année près de Séville, dans le village de mon père. Je me rappelle encore ces longs voyages en train de nuit, puis ces voyages en voiture sans autoradio avec un vieux radiocassettes et nos chansons pour seules distractions,  mais aussi ces longs voyages sans air climatisé lorsque nous descendions en été…

Mais l'accueil à Aguadulce, village de la province de Séville dont est originaire ma famille, valait le voyage. A peine la voiture entrait elle dans le village que le bruit courait: “los franceses han llegado” « les français sont arrivés », il courait de maison en maison, plus rapide que notre voiture elle-même, puisque lorsque nous arrivions à la maison de mon grand père dans la “calle del medio”, il nous attendait sur le pas de la porte déjà au courant de notre arrivée.

Puis passaient les journées auprès du brasero (que ma grand-mère entretenait avec de la vraie braise parfumée au thym, pas ces tristes braseros électriques d'aujourd'hui), des repas d'albondigas (boulettes de viande), cocidos (pot-au-feu), lentejas (lentilles), garbanzos (pois chiches)... Tous réunis dans le salon à regarder la télé et à bouquiner avec ces deux cousins si grands et si différents parlant un andalou fermé. Oh oui ! Cet andalou fermé que parlait mon grand-père! J'avais toujours besoin de deux ou trois jours d'adaptation pour comprendre ce qu'il racontait...

En été les journées se déroulaient aussi dans la pénombre du salon de la petite maison aux murs épais pour empêcher l'air chaud d'entrer. Le soir, lorsque la température baissait enfin un peu, mes grands-parents sortaient leurs chaises sur le pas de la porte et parlaient jusqu'à la moitié de la nuit avec leurs voisins qui avaient fait de même. Avec mes parents, nous commencions la promenade habituelle: la calle del medio, la plaza del ayuntamiento, la calle chica.... nous arrêtant devant chaque maison et discutant avec la famille, les voisins, nous asseyant un instant sur les chaises que l'on nous proposait au milieu de la rue, la promenade pouvait durer des heures. La nuit passait, si longue, les fenêtres ouvertes pour avoir un peu d'air, nus tant la température était haute. Au matin, le marchand de légumes, de melons, nous réveillait en criant dans les rues. Oui, dans ce village, le temps n'existe pas, la journée s'écoule lentement, paisiblement. J'y suis retournée il y a quelques semaines et rien n'a changé, ni les maisons, ni les gens, ni les habitudes. Je me promenais avec une tante et elle disait aux gens qu'on croisait “es la hija de mi primo Manuel, el francés, la nieta del Manuel” « c’est la fille de mon cousin Manuel, le français, la petite fille du Manuel ». Ici le stress, les horaires n'existent pas, non, on est bien loin de la ville.

La ville justement, Séville, à laquelle on allait de temps en temps. Elle m'émerveillait. C'est là-bas qu'habitaient mes cousins. Los toldos de la Calle Sierpes, el Real Alcázar, les palais, les boutiques, les petites rues du barrio de Santa Cruz, c'est drôle aujourd'hui de comparer ces souvenirs d'enfant que j'ai toujours avec les réalités que je connais maintenant. Je me souviens d'une visite nocturne de Séville avec un ami de mes oncles, une visite rythmée d'anecdotes, de mythes et de légendes. Qu'est-ce que cette ville me faisait rêver! Que je la trouvais belle! Mon père, qui a étudié à Séville, m'en parlait aussi: la Feria, la Semana Santa, au fil des années nous suivions toutes ces traditions de loin, nous les voyions à la télé, je m'y préparais prenant de cours de danse flamenco, rêvant de porter une robe de gitana un jour et de marcher sur le sable du Real de la Feria.

Et bien maintenant je la connais Séville, j'ai habité dans le quartier de Santa Cruz, au cœur même du centre touristique, et dans le barrio de las calles Feria/San Luis, quartier populaire du centre de Séville. J'ai aussi habité à Tomares, village des hauteurs (EL Aljarafe) de Séville. Je me suis émerveillée devant les couleurs, les robes, les musiques de la Feria, et j'ai été émue durant les processions del Silencio durant la Madrugá. Je me suis baladée, perdue dans ces petites rues du Barrio de Santa Cruz, j'ai flâné dans les rues de Triana, ou sur cette promenade longeant le Guadalquivir, je suis entrée dans les palais et les églises (magnifique Casa de Pilatos…). J'ai aussi connu les embouteillages du matin pour aller au boulot, du vendredi après midi pour sortir de Séville en direction de la plage. J'ai vécu les travaux successifs, la création de la piste cyclable de la Ronda de Capuchinos, les travaux du métro, l'interminable restauration de l'église du Salvador.... J'ai connu le froid des maisons pas préparées pour l'hiver (même en Finlande je n'ai pas eu aussi froid) et les airs conditionnés à pleine puissance qui me faisaient tomber malade lorsque dehors il faisait plus de 40 ºC. J'ai admiré la vue depuis le pont de Triana, depuis le haut de la Giralda ou encore de la Torre Triana, j'ai senti le jasmin fleuri dans les jardins du monastère de la Cartuja sous une douce lumière de septembre, j'ai glissé sur le fleuve Guadalquivir en admirant ses berges calmes, je me suis assise auprès d'une fontaine dans les palais de l'Alcazar, j'ai admiré le pavillon d'Hassan II au milieu du délabrement des restes de l'expo 92... Oui je connais ses travers mais je l'aime toujours autant, cette ville. Elle est chargée d'histoire, elle est authentique, elle ne se modernise pas beaucoup, elle n'évolue pas très vite, elle n'est pas très propre, ni très organisée, elle manque de routes, de ponts mais… elle est pleine de charme...

Et puis vivre à Séville m'a permis de voir bien d'autres trésors de cette terre: Almería et son Cabo de Gata, Málaga et El Palo, Cádiz et sa plage de la Caleta, mais aussi La Sierra Norte, les plages de Zahara de los Atunes, celles de Punta Umbría, les patios de Cordoue, Grenade et son Alhambra et tant d’autres choses… 

Oui, l'Andalousie est une terre riche et changeante. Elle mérite de s'y arrêter, de l'explorer... et je crois l'avoir fait autant que je le pouvais.

J’ai longuement hésité à écrire cette deuxième partie. D’abord parce que c’est un blog public et que je ne peux pas parler aussi librement que je le voudrais. Peur de la critique ? Non, peur de la mauvaise interprétation, envie de ménager les susceptibilités des uns et des autres. Et puis il faut le dire aussi tout n’est pas encore clair dans ma tête, tantôt par ci, tantôt par là. Chaque pays, ville où l’on vit nous délivre après quelques mois ses qualités mais aussi ses défauts.

Sevilla : mi cultura

« Aquí se vive bien » (“Ici on vit bien”). Voici l’une des premières phrases que l’on m’a dite quand je suis arrivée à Séville, puis régulièrement, à plusieurs reprises, ce refrain repris par tout le monde… « Aquí hay calidad de vida » (“Ici il y a de la qualité de vie”).

L’accueil

Je n’ai jamais eu l’impression d’être étrangère. J’ai été accueillie par ma famille comme une Narbona de plus qui rentrait chez elle. Certains me taquinaient un peu en m’appelant « guiri » mais ils ne me traitaient pas comme telle. Beaucoup de gens m’ont dit : « Si tú eres más Sevillana que yo » (« Tu es plus Sévillane que moi » ou encore « Esta nunca se irá »  (« Celle-là ne partira jamais ») et quand j’ai décidé de partir : « ¿Cuándo vuelves ?  ¡Si tú eres de aquí ! Volverás dentro de ná». (« Quand est-ce que tu reviens ? Mais si toi tu es d’ici. Tu reviendras dans pas longtemps »)

Connaître des gens est très facile, surtout pour une fille… Se faire des amis est un peu plus difficile mais là encore j’ai eu de la chance.  J’ai connu des gens incroyables : de la famille que je connaissais si peu et qui maintenant me manque, des amis erasmus de passage, des étrangers amoureux de cette terre, et des andalous de 20, 25, 30  ou 40 ans, des connaissances, des collègues, des amis qui m’ont aimée, qui m’ont aidée, qui m’ont accueillie chacun à une période durant ces deux années.

Les traditions

La semana santa : De la tradition pure. Une ville entière bloquée pour l’occasion.  Je ne voudrais pas répéter tout ce que j’ai déjà raconté sur le moment. Je vous invite à retrouver les liens de ces semaines 2005 et 2006 et aussi .

Et puis bien sûr la Feria. Rêve d’enfant enfin réalisé. Ma première feria (en 2005) a été incroyable : une explosion de sensations : visuelles, sonores, émotionnelles. C’était bien au-delà de tout ce que j’avais imaginé.  Je les ai vécues à fond ces ferias jusqu’à ce que mon corps ne puisse plus suivre : le matin au boulot, à 15h marchant sur l’albero et jusqu’à l’aube pour prendre une douche avant le retour au boulot. Rappelez vous les posts de 2005 et 2006.

Et toutes les autres ferias d’Andalousie, à retrouver au fil des pages de mon blog….

Le boulot

Aaah… le boulot ! Comme dans tout le reste il y a du bon et du mauvais ….

Le petit dej est une des meilleures coutumes andalouses. Dans pratiquement toutes les entreprises on sort prendre son petit dej dans un bar à l’extérieur entre collègues. Ça permet de se connaître mieux dans un cadre plus détendu. On parle boulot mais on parle aussi vie privée, projets personnels…. Ici il est fréquent d’aller prendre une bière avec ses collègues le soir ou le vendredi après midi. Il est normal aussi d’inviter ses collègues, ses chefs à son anniversaire ou à son mariage. Je me souviens que mon chef de la Cruzcampo m’avait dit l’un des premiers jours : « Ici, c’est pas comme en France, tes collègues c’est ta deuxième famille, s’il y a quelque chose qui va pas il faut nous le dire ».

Mais il y a l’autre face. La génération des Espagnols diplômés entrant dans la vie active est appelée « Los mileuristas ». Beaucoup de Bac+5 commencent leur carrière avec un salaire d’environ 1000 euros qui ne va pas beaucoup augmenter jusqu’aux 30-35 ans (on n’arrive pas à beaucoup plus de 2 000 euros brut). J’étais très étonnée en arrivant de voir que la plupart des jeunes proches de la trentaine vivaient encore chez leurs parents ou en collocation. Mais j’ai compris en voyant les salaires.

Et puis dans le domaine du consulting, les heures sup, les vacances non prises, le travail le soir et le we sans compensation d’aucune forme et toujours avec le même salaire… Plus on passe d’heures au bureau mieux on est vu. En arrivant dans cette boite j’ai demandé : mais vous n’avez pas de syndicats ? Un syndicat ? Mais on est cadres ! C’est pour les ouvriers les syndicats. Là il y a un vrai retard social….

La philosophie de vie

Aaaaah… le fatalisme andalou. Mon grand-père allait se coucher tous les soirs en disant : Hasta mañana si Dios quiere. A quoi bon se préoccuper du lendemain si demain nous pouvons être morts ? Pourquoi penser trop loin si aujourd’hui nous pouvons être heureux en n’y pensant pas. Le bon côté : voir des gens souriants, heureux, positifs tous les jours (pas des râleurs qui ne sont jamais contents comme les Français).

Une manière de vivre très différente donc. Le soir après le boulot ou le we on se retrouve en famille ou entre amis. On boit des bières sur les terrasses bondées au soleil, on rit, on oublie ses problèmes, on chante, Le soir on se fait beau, les femmes sont belles, maquillées, coiffées, les hommes aussi avec leurs cheveux gominés et leurs chemises à la mode. On sort toute la nuit et on boit beaucoup. Que demander de plus ? On est heureux, non ?

Un ami originaire du Nord de l’Espagne me disait quand je suis arrivée à Séville : « Tu verras, le mieux, à Séville, ce sont les relations sociales. Ici, il n’y a pas de conflits, les gens ne râlent pas, ne se fâchent pas, ne montrent pas ce qu’ils pensent, ils prennent sur eux et affichent un beau sourire ou font une blague ». Eh bien c’est vrai, ceci permet des relations beaucoup plus faciles mais cela mène aussi aux dérives dont je parlais au travail. Pourquoi provoquer des conflits si, après, ça crée une mauvaise ambiance ?

Je me surprends maintenant à évoquer cette musique reggaetón, ces soirées en discothèques si insouciantes. J’ai passé deux ans à Séville. Pourtant je suis partie, et ne le regrette pas. J’aurai pu rester, il est si facile de s’adapter, de ne pas se poser de questions, vivre au jour le jour sans penser à ce qui se passe en dehors. Les andalous ont peut-être trouvé la recette du bonheur mais elle ne m’aura pas convaincue j’ai encore besoin de voir ailleurs ; peut-être ne s’étaient-ils pas trompés, je suis une citoyenne du monde…

Edit ! Comme promis, voici 2 photos de notre rencontre !

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27 mars 2007

Trouver un emploi qualifié en Espagne / à Séville

Tout comme pour les stages, voici quelques conseils pour trouver un emploi qualifié en Espagne, et particulièrement à Séville. (Je le répète au cas où, je n'ai pas de solution miracle ni de travail à offrir). Ne manquez pas de lire l’article en fin de post, “Jeunes diplômés: les conseils de professionnels pour trouver un poste en Espagne“, il reflète très bien la tendance actuelle du marché du travail espagnol.

Trouver un emploi via Internetordinateur

Je vous renvoie tout d’abord à l’article de Sol, sur cette page.

Les démarches sont bien expliquées et de nombreux liens sont donnés.

Trouver un emploi (sans Internet)

Les démarches ne varient pas beaucoup avec la France. Votre CV et votre lettre de motivation dans votre pochette plastique, vous vous rendez directement aux bureaux des entreprises où vous souhaitez travailler. Normalement, une secrétaire prendra votre CV et vous dira qu’elle le transmet.

Vous pouvez insister et demander s’il y a des postes vacants, vous pouvez même lui demander à rencontrer le responsable RH. 99 fois sur 100 on vous dira que ce n'est pas possible et d’attendre qu’il vous appelle pour un entretien, mais il se peut aussi qu’il soit dans les parages et que justement ce jour-là il ait besoin d’embaucher quelqu’un. C’est plus un coup de chance qu’une technique de recherche d’emploi, mais ça peut marcher…

importantLes relations, facteur important pour trouver un travail en Espagne

Avoir des relations aide à trouver un travail, et cela dans n’importe quel pays. En Espagne, ce fait est encore plus vrai. L’ “enchufe” (le piston) est courant et pas spécialement dissimulé. Dans certains cas, c’est même carrément gros (le fils du directeur a un des meilleurs postes et fait partie des personnes les mieux payées, alors qu’il n’a même pas le bac), dans d'autres, c'est plus discret, un petit coup de pouce quoi !

Si vous arrivez en Espagne sans connaître personne, il faudra vous créer votre réseau de relations. Les gens ont le contact facile, n’hésitez donc pas (sans passer pour un oportuniste non plus) à dire que vous rechercher du travail dans tel ou tel secteur. Personnellement, j’ai passé un entretien d’embauche plusieurs mois après avoir rencontré (sans le savoir) le sous-directeur d’une entreprise sévillane dans un avion. Après m’avoir aidée à porter ma valise et bien discuté dans l’avion, nous avions échangé nos cartes de visite. Quelques mois plus tard, son entreprise m’appelait pour un entretien.

Le marché du travail à Séville

A Séville, le marché du travail ne se compare pas à Madrid ou Barcelone. Il y a moins d’opportunités, et le fait de parler français n’est pas un gros atout. Cela s’explique par la faible présence d’entreprises françaises dans la capitale andalouse, et par la situation géographique de la ville.

Il est difficile de donner des conseils qui puissent s’appliquer à tout le monde. Je connais des Français qui sont rentrés en France parce qu’ils ne trouvaient pas de travail à Séville dans leur branche après plusieurs mois de recherches, et d’autres qui ont trouvé. Tout dépend de la formation de chacun, de son expérience professionnelle, de son niveau d’espagnol, et bien sûr du type de poste que l'on recherche.

r_unionSi vous voulez travailler en entreprise, un bon niveau d’espagnol vous sera demandé (que vous puissiez répondre au téléphone, vous exprimer, et comprendre ce que l’on vous dit)

NB: Lorsque j’ai commencé à travailler (en stage), personne ne m’a demandé si je me sentais capable de répondre au téléphone ou encore d’écrire des lettres commerciales. J'ai du le faire, et heureusement pour moi que c'était quelque chose que je maitrisais à peu près déjà (ensuite avec la pratique, tout s'apprend).

Pour trouver un travail, vous pouvez répondre aux annonces des sites précedemment cités, et envoyer votre CV en candidature spontannée. Sachez à l’avance que vous devrez persévérer, on peut envoyer plus de 100 candidatures spontannées et n’avoir aucune réponse.

Par ailleurs, lorsqu’on sort de la fac en Espagne, même avec un bon Master en poche, on est considéré comme débutant et on a la paye qui va avec. C’est l’expérience qui compte avant tout.

A Séville, on m’a déjà dit lors d’entretiens que j’avais un très bon profil, de bonnes connaissances théoriques, et que je pourrais avoir le poste. En revanche, les premières années, il faudrait se dédier plennement à l’entreprise, faire des heures supplémentaires, assumer un poste à responsabilités, et cela pour un salaire de moins de 1000€ par mois.

Je ne sais pas dans le reste de l’Espagne, mais sur Séville, entrer dans une entreprise en étant sous-payé est fréquent. Si on donne de bons résulats, on peut décrocher un contrat fixe et avoir une bonne paye dans les années suivantes. Il y a aussi des entreprises qui exploitent le système et qui ne renouvèlent pas leurs employés.

A lire : article de Claire (autre franco-sevillane !).

Enfin, voici un article très intéressant écrit par Maud Gangler, paru dans le courrier d’Espagne le 17/04/2006. (lien)

Jeunes diplômés: les conseils de professionnels pour trouver un poste en Espagne

Nombreux sont les jeunes Français qui veulent tenter leur chance en Espagne. Deux professionnels français basés à Madrid et Barcelone évoquent les facteurs clés de succès mais aussi les difficultés pour mener à bien ce projet.

Alors que la France se débat avec son Contrat Premier Emploi, l’Espagne accueillerait, selon l’Ambassade française, 120 000 résidents français et la communauté française serait en net rajeunissement. De nombreux jeunes diplômés Français sont attirés par la qualité de vie espagnole mais une partie d’entre eux méconnaît la réalité ou plus exactement, les réalités, du marché du travail espagnol. Celui-ci se caractérise principalement par son dynamisme, sa flexibilité mais aussi parfois sa précarité.

Selon Guillaume Pasquet, un poitevin de 33 ans qui vit depuis 1998 à Madrid où il mène une carrière réussie dans le secteur des nouvelles technologies, « le marché espagnol est dynamique. Il est possible d’évoluer rapidement mais en tant que jeune diplômé il faut laisser tomber les références que l’on peut avoir par rapport à la France. » Le taux de chômage espagnol (8,4%) est devenu inférieur à celui de la France et plus de 60% des nouveaux emplois crées dans la Zone euro en 2005 l’ont été en Espagne. Néanmoins, le taux de chômage des jeunes au dernier semestre 2005 était encore de 18,5% et nettement plus élevé dans certaines régions comme l’Andalousie.

Un marché dynamique et exigeant

Selon Thierry Bohn, directeur d’Euro Consulting Partners, cabinet de recrutement français basé à Barcelone et Madrid, « il est difficile pour un jeune diplômé français de venir travailler en Espagne ». Il invite d’ailleurs les jeunes Français à ne pas perdre leur temps: « Il faut être sur place, c’est inutile d’envoyer son CV de France. L’idéal, c’est un jeune qui a passé minimum 6 mois en échange Erasmus, qui parle donc parfaitement l’espagnol ou bien qui a fait un VIE en Espagne ou en Amérique Latine ». La trajectoire de Guillaume Pasquet reflète parfaitement ces conditions de succès. « Je suis venu m’installer en Espagne sans travail. Mais j’avais fait un master à Salamanca et maîtrisais donc très bien la langue. J’ai commencé par un stage puis une société française implantée en Espagne m’a embauché ».

Il est certes compliqué pour un jeune diplômé de venir travailler en Espagne, cependant certains métiers sont en explosion : « Les métiers porteurs sont les postes de commerciaux, d’ingénieurs et ceux liés à la construction comme chef de chantier» souligne Thierry Bohn. Il est primordial pour certains postes de connaître le marché espagnol. « Les PME, PMI françaises qui veulent s’installer en Espagne nous demandent des développeurs, des gens terrain » précise le directeur du cabinet de recrutement.

Recherche d’emploi, la force du réseau

Guillaume Pasquet a su comprendre les spécificités du marché du travail espagnol et en saisir les subtilités. « Le networking, c’est ce qui fonctionne, mais il vient avec le temps. Pour un premier job, Infojobs peut fonctionner.». Le réseau reste en effet le meilleur allié en Espagne pour la recherche d’emploi, quel que soit le profil du candidat. Les autres sources sont les principaux sites Internet avec le leader Infojobs et la presse du dimanche avec El País, ABC, El Mundo et La Vanguardia en Catalogne. Il ne faut pas hésiter à consulter les sites de l’APEC et de l’Espace Emploi International. (Voir encadré) « J’avais mon CV mis sur la web de l’APEC et c’est comme cela que j’ai trouvé un de mes postes » explique Guillaume Pasquet. Les sociétés d’intérim espagnoles (ETT) ne permettent en revanche pas à des jeunes diplômés de trouver un travail, elles ne s’adressent pas en général à des universitaires.

Pour Thierry Bohn, «les jeunes diplômés ont intérêt à contacter la Chambre de commerce française et le consulat, ils doivent apparaître dans leurs bases de données. » Il leur conseille par ailleurs «d’envoyer leur CV aux sociétés françaises dont ils peuvent se procurer la liste dans les chambres de commerce ». Ils peuvent également envoyer leur candidature aux cabinets de recrutement.

Mais le meilleur moyen de venir en Espagne dans de bonnes conditions est de travailler dans un groupe français qui vous envoie en Espagne. « Cela a été mon cas », précise Thierry Bohn.

Sur le CV, il est conseillé de mettre l’équivalence espagnole du diplôme, soit « licenciatura » au lieu de «maîtrise ». La graphologie étant peu utilisée, il est recommandé d’envoyer une lettre de motivation dactylographiée. Quant à l’entretien de recrutement, il se différencie peu de l’entretien en France. Il a souvent lieu dans une ambiance plus informelle. Selon Guillaume Pasquet « les relations sont plus détendues, on traite de thèmes extérieurs à la recherche d’emploi ». Le recruteur aura tendance à insister pour savoir combien de temps le candidat souhaite rester en Espagne par peur de s’entourer de professionnels instables. Les jeunes candidats français devront donc démontrer leur envie de s’intégrer. Les processus pouvant être lents, n’hésitez pas à relancer le recruteur s’il vous a donné son feu vert pour le faire.

Le poids des contrats temporaires et la surprise des niveaux de salaires

Le marché du travail espagnol se caractérise notamment par l’importance des contrats temporaires, avec les « contratos por obra y servicios » et les « contratos en prácticas ». Plus d’un tiers des travailleurs espagnols ont un contrat temporaire et selon le baromètre IESE/Adecco, en 2005, 64% des nouveaux contrats ont été temporaires. Mais ce n’est évidemment pas une fatalité selon Guillaume Pasquet qui a toujours obtenu des contrats à durée indéterminée.

Les jeunes diplômés Français qui arrivent en Espagne sont souvent étonnés des salaires qu’ils se voient proposer, puisqu’ils se situent en général dans la fourchette 18 000-25 000 euros. « Il faut faire une étude avant de venir chercher un travail en Espagne. C’est un frein pour un recruteur si un candidat donne des chiffres aberrants » note Guillaume Pasquet. Par ailleurs, le système des grandes écoles est typiquement français et les jeunes diplômés sortant de l’une d’entre elles ne recevront pas le même accueil qu’en France, à moins bien sûr de travailler dans un environnement français.

S’il est vrai que les salaires des jeunes professionnels sont nettement inférieurs à ce qu’ils pourraient obtenir en France, l’écart tend à se lisser avec les années. Les disparités salariales sont plus fortes qu’en France, les salaires de postes de haut niveau pouvant même être plus élevés que les salaires français.

Faire carrière en Espagne ?

Guillaume Pasquet est un exemple de réussite professionnelle d’un Français en Espagne. Il a en effet su attirer l’attention des recruteurs du monde des nouvelles technologies et a récemment intégré Cognos, leader mondial de la Business Intelligence, en tant que Responsable commercial pour l’Espagne. Quels ont été ses atouts au regard des recruteurs ? La maîtrise des langues, une intégration réussie en Espagne et un comportement proactif. « Certaines structures sont assez hiérarchisées et paternalistes. Je suis convaincu qu’en Espagne, il faut changer pour évoluer. » Thierry Bohn confirme que l’on peut faire carrière en Espagne « Pour un poste de responsable de filiale, les salaires ne sont pas plus faibles qu’en France ». Comme le dit le refrain espagnol « No se ganó Zamora en una hora» !

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22 mars 2007

La Feria de Abril

La Feria de Séville, connue sous le nom de Feria de Abril, est le plus grand évènement de la ville de Séville, après la Semaine Sainte.

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La Feria a d’ailleurs toujours lieu deux semaines après la Semaine Sainte. L’histoire de la Feria de Séville remonte à la fin du XVIIème siècle, lorsque s’instaura dans la ville une foire aux bestiaux au mois d’Avril. A l’époque, elle se situait au Prado de San Sebastian (en face de l’Université), c’était un excellent marché où on vendait du bétail. Après avoir fait leurs affaires, les Sévillans en profitaient pour boire, manger et danser. Il y avait 19 casetas (petits chapiteaux), ce fut un tel succès qu’il fallu séparer la partie “vente de bétail” de la partie “Loisir”.

A partir de 1973, la Feria fut déplacée dans le quartier des Remedios, sur une zone rectangulaire d’1,5 km sur 600 m. Cette zone est appelée Real de la Feria. C’est encore aujourd'hui à cet endroit que se célèbre la Feria de Séville, mais plus pour longtemps, car elle sera déplacée à Triana en 2010, au Charco de la Pava (et gagnera ainsi en place). A côté de ce Real de la Feria (également appelé Recinto ferial) se dresse la Calle del Infierno (rue de l’enfer), un parc d’attraction gigantesque doté de grands-8, manèges, jeux et autres attractions spectaculaires.

Le Real de la Feria est désert en temps normal, mais à partir du 1er janvier commencent à se monter les casetas.

La porte principale (Portada) change chaque année, elle s’inspire toujours d’un monument ou d’un symbole de Séville.

Portada_2004   Portada_2005   2006

Qu’est-ce qu’une caseta?

DSC00854Une caseta est un genre de chapiteau couvert. Certaines casetas sont petites, d’autres très grandes. A Séville, la grande majorité des casetas sont privées, on ne peut donc pas y rentrer si on n’est pas membre ou famille/ami d’un membre. Ce côté “privé” et “sélectif” de Séville est parfois critiqué par d’autres villes andalouses. Cela permet cependant de rester entre amis et de pouvoir controler qui entre et qui n’entre pas dans la caseta (il y a un portier à l’entrée de chaque caseta). Il existe cependant des casetas publiques, mais l’ambiance n’y est pas la même…

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Pour être membre d’une caseta, il faut s’inscrire à la Mairie et former un genre d’association (je m’inscris avec mes amis l’année prochaine). Il faut cependant attendre des années pour que la demande soit accordée. Une fois membre, il faut payer une cotisation annuelle qui est, il faut le dire, assez onéreuse. Mais la Feria, c’est sacré!

Dans chaque caseta, on boit, on mange, on chante et on danse.

DSC00858On boit du rebujito (mélange de manzanilla et 7up) ou de la manzanilla.

On mange des tapas (croquettes, jambon, fromage, omelette, flamenquines, caña de lomo, montaitos).

Et on chante et on danse la sévillane...

Dates de la Feria

calendarioLa Feria de Abril commence un lundi soir, appelé “lunes del pescaito” (le lundi du petit poisson). Ce soir là plus que jamais, l’entrée des casetas est reservée aux membres et à leur famille, et en général, on ne s’habille pas en robe de flamenca (mais on s’habille de façon élégante).

A minuit pile se produit l’alumbrado, c’est à dire l’éclairage simultané des miliers de lampions (farolillos) qui ornent les rues de la Feria.

La Feria dure ensuite jusqu’au dimanche suivant, à toute heure du jour et de la nuit. Certaines casetas ne ferment jamais, d’autres ferment vers 6-7 heures du matin pour ouvrir à nouveau vers midi.

NB: cette année (2007), la Feria commence le lundi 23/04 et s’achève le dimanche 29/04.

Les vêtementstraje

La majorité des femmes s’habillent en Traje de gitana, ce sont les belles robes de flamenco (souvent représentées sur les cartes postales espagnoles). N’allez pas croire que c’est un déguisement, c’est la robe typique de la ville et personne ne se fait prier pour la porter. La mode change d’années en années, il y a des défilés et des créateurs haute-couture de Trajes de flamenca. La robe la plus typique est rouge à pois blancs, mais on trouve toutes les couleurs et tous les motifs possibles et inimaginables. Et plus on a de formes, mieux la robe est portée (un mannequin anorexique ne la remplirait pas !). Il n’y a pas d’âge non plus pour porter ces robes, jeunes et moins jeunes les revêtent.        

Les hommes sont généralement bien habillés, mais tout le monde est libre. Certains portent un costume-cravate, d’autres sont en jean et baskets.

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NB: la grande majorité des gens est quand même bien habillée, la tradition fait qu’on s’habille élégament à la Feria.

Ceux qui montent à cheval revêtent le costume traditionnel de Cordobés, costume gris et chapeau (sombrero).

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