Maïlis à Séville

Tout ce qu'il faut savoir sur la vie à Séville (tourisme, vie quotidienne, emploi, fêtes...). Récit de ma propre expérience.

11 avril 2007

2 ans à Séville, par Vanessa

Vanessa est une jeune française qui a vécu à Séville pendant deux ans. Elle s’est totalement intégrée dans cette ville et décrit à la perfection LA vie à Séville. J’ai découvert son blog par hasard, il est rare de trouver quelqu’un qui décrive aussi bien la façon de vivre ici. En effet, beaucoup de touristes et d’étrangers passent à Séville, plus ou moins longtemps, mais peut de gens comprennent cette ville, saisissent la philosophie de la vie d’ici…

Nous nous ne sommes malheureusement jamais rencontrées, puisque lorsque j’ai découvert son blog, elle allait quitter la ville. C’est dommage, mais je suis sûre qu’elle reviendra un jour passer quelques temps ici ! Vanessa1 Edit ! Avril 2007 : nous nous sommes rencontrées, pendant la Feria de Séville bien sûr ! (2 photos ensembles de cette journée à la fin de cet article).

J’ai sélectionné quelques passages de son blog sur la vie à Séville. Je suis tout à fait d’accord avec elle, je me retrouve totalement dans ses propos. Tout ce qu’elle a écrit, c’est aussi ce que je pense et ressens.

Je vous invite donc à lire ces passages, et vous retrouverez bien sûr l’intégralité de ses 2 années sévillanes (nombreux articles et belles photos) sur son blog : http://vanessaaseville.overblog.com

Bravo pour ton blog Vanessa, et merci de me laisser publier des passages de tes articles sur le mien ! A bientôt à Séville !

LA VIE A SEVILLE

Quand je suis arrivée à Séville mes cousins, mes collègues de bureau, des amis me l’ont dit : « Aquí en Sevilla se vive bien » (« Ici à Séville on vit bien »). Vu le nombre de personnes qui me l’a dit, j’ai vite pensé que c’était une phrase toute faite que se répétaient les Sévillans qui considèrent leur ville comme la plus belle du monde.

Mais en fait, ils avaient raison, c’est aussi simple que ça, on peut le résumer en ces quelques mots : « Se vive bien ». Les gens ici ne vivent pas pour gagner de l’argent pour avoir une grande maison, des vacances incroyables, avoir des promotions… Non ils vivent pour être heureux le jour même. Avoir de l’argent ? Suffisamment pour sortir le soir avec ses amis et maintenir sa famille. L’essentiel c’est d’avoir le temps. Le temps de sortir, de voir ses enfants, de s’occuper de sa famille, des anciens (je crois n’avoir jamais vu autant de personnes s’occuper de leurs parents d’un certain âge), d’aller à la plage, d’avoir des loisirs… bref, le temps aux dépends de l’argent. D’un autre côté, la vie n’étant pas chère à Séville, ils ne manquent de rien non plus et vivent exactement comme nous.

Ici on travaille pour vivre et pas l’inverse. Le fait de travailler le lendemain ne va pas empêcher les gens de sortir le soir. Ainsi, si on se balade vers 22h n’importe quel soir de la semaine, on voit les bars à tapas toujours pleins. Les Sévillans aiment se retrouver entre amis et comme il fait très souvent très beau l’habitude est de se retrouver dans les bars et non pas d’inviter à dîner chez soi comme on le fait en France. Autre chose, les Sévillans (et les Espagnols en général) ne rentreront jamais dans un bar vide, ils choisiront toujours le plus bondé même si ils n’auront pas la place de faire trois pas.

Les Sévillans se sont créé une vie agréable à domicile sans avoir besoin d’attendre les vacances pour profiter des sacrifices effectués pendant le reste de l’année.

Autre caractéristique des Sévillans : ils voient la vie toujours du bon côté. Si quelque chose de mal arrive ils relativisent le problème et continuent leur vie. Ils ne pensent pas tellement au futur, quand je leur parle de mes projets pour septembre, ils haussent les épaules, rigolent et me répondent que c'est bien loin septembre. Ils acceptent leur sort, ne sont pas anxieux. Une bonne leçon de vie pour moi ! 

Ici à Séville on vit bien et quand on a goûté à cette vie-là on n’a plus envie de la quitter…

VELA DE SANTA ANA (26 juillet, fête du quartier de Triana)

Ce mardi, donc, on va boire une bière au bar de Santa Ana. Très joli cadre: terrasse au milieu de la rue donnant face à la jolie église. En chemin du bar, alors que je n'ai pas une grande motivation, tous mes sens s'éveillent: de la musique, des gens partout, debout, assis devant des tapas, riant, dansant, chantant, mangeant, buvant... et surtout souriant. C'est incroyable comme les gens ont l'air heureux. Je le répète ils ont une philosophie bien spéciale. Ils profitent de la vie sur le moment, ne pensent pas à demain, à quoi bon si demain on peut être mort ? Ils ont sûrement autant de problèmes personnels, familiaux ou au boulot que nous mais ça ne se voit pas. Dans la rue, ce sont des visages souriants que l'on croise. Et c'est communicatif. En quelques minutes, je retrouve mes envies de fête, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles et je suis heureuse. Vive Séville où on vit dehors et où les gens ne dorment pas. Car tous ces gens bien sûr travaillent demain. Et quand on est parti à 1h on devait être les premiers...

SEVILLE, VILLE DE CONTRASTES

Séville est une ville de contrastes qui est basée sur une dualité continuelle. Ici on habite soit à Séville soit à Triana, on aime soit la Giralda soit la Torre del Oro, on préfère soit la Semana Santa soit la Feria de Abril, on vénère soit la Vierge de la Macarena soit celle de Triana, et ceci culmine bien sûr dans le football : on est supporter soit du Sevilla soit du Betis. Ici il faut choisir son camp, pour chaque chose.

QUITTER SEVILLE ?

Je ne sais plus trop où j’en suis, alors je vais écrire. Depuis ce dernier post, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai passé quelques entretiens sur Séville qui se sont plutôt bien passés. Et puis mes envies de bougeotte m’ont reprise… J’ai commencé à réfléchir et je me suis dit : est-ce que ce contrat qui s’arrête ça ne serait pas mon opportunité pour partir ailleurs, pour voir autre chose, découvrir quelque chose de nouveau ? Et puis je me suis mise à penser à tout ce qu’il me manque à Séville : le droit du travail ( :-)), une vie culturelle plus dense, des activités plus variées…

Alors je me suis décidée, j’ai décidé de quitter Séville, de partir… Pour où ? […]

Et puis ces derniers jours, les adieux au boulot, les quelques discussions avec les amis je doute parce qu’à Séville je suis heureuse, c’est vrai. J’ai un groupe de très bons amis, quelques personnes que j’aime de tout mon coeur, de la famille, une ville dans laquelle je me sens bien, où je me sens chez moi, où j’aime la culture. Car oui Séville est sûrement la ville où je me sens le plus « chez moi », Hendaye viendrait loin derrière, derrière Troyes, derrière Paris. Mais je n’ai pas l’impression d’en avoir vu assez pour me poser quelque part. Si je reste à Séville je suis capable d’y rester longtemps et ça c’est pas possible. J’ai besoin d’en voir plus, de vivre ailleurs encore et un jour je me dirai, « ça y est j’en ai vu assez  je vais construire ma vie ici … ou là »

BILAN – 2 ANS A SEVILLE

Après mes deux années passées à Séville j'ai envie de vous donner cette vision de franco-sévillane dont je vous parle dans l'introduction de ce blog.

Alors commençons par le commencement : Séville, ma terre.

Séville est une ville que j'ai toujours considérée comme étant “ma ville”, mais ce n'est pas tout à fait exact. Depuis toute petite, nous venions en famille passer les fêtes de fin d'année près de Séville, dans le village de mon père. Je me rappelle encore ces longs voyages en train de nuit, puis ces voyages en voiture sans autoradio avec un vieux radiocassettes et nos chansons pour seules distractions,  mais aussi ces longs voyages sans air climatisé lorsque nous descendions en été…

Mais l'accueil à Aguadulce, village de la province de Séville dont est originaire ma famille, valait le voyage. A peine la voiture entrait elle dans le village que le bruit courait: “los franceses han llegado” « les français sont arrivés », il courait de maison en maison, plus rapide que notre voiture elle-même, puisque lorsque nous arrivions à la maison de mon grand père dans la “calle del medio”, il nous attendait sur le pas de la porte déjà au courant de notre arrivée.

Puis passaient les journées auprès du brasero (que ma grand-mère entretenait avec de la vraie braise parfumée au thym, pas ces tristes braseros électriques d'aujourd'hui), des repas d'albondigas (boulettes de viande), cocidos (pot-au-feu), lentejas (lentilles), garbanzos (pois chiches)... Tous réunis dans le salon à regarder la télé et à bouquiner avec ces deux cousins si grands et si différents parlant un andalou fermé. Oh oui ! Cet andalou fermé que parlait mon grand-père! J'avais toujours besoin de deux ou trois jours d'adaptation pour comprendre ce qu'il racontait...

En été les journées se déroulaient aussi dans la pénombre du salon de la petite maison aux murs épais pour empêcher l'air chaud d'entrer. Le soir, lorsque la température baissait enfin un peu, mes grands-parents sortaient leurs chaises sur le pas de la porte et parlaient jusqu'à la moitié de la nuit avec leurs voisins qui avaient fait de même. Avec mes parents, nous commencions la promenade habituelle: la calle del medio, la plaza del ayuntamiento, la calle chica.... nous arrêtant devant chaque maison et discutant avec la famille, les voisins, nous asseyant un instant sur les chaises que l'on nous proposait au milieu de la rue, la promenade pouvait durer des heures. La nuit passait, si longue, les fenêtres ouvertes pour avoir un peu d'air, nus tant la température était haute. Au matin, le marchand de légumes, de melons, nous réveillait en criant dans les rues. Oui, dans ce village, le temps n'existe pas, la journée s'écoule lentement, paisiblement. J'y suis retournée il y a quelques semaines et rien n'a changé, ni les maisons, ni les gens, ni les habitudes. Je me promenais avec une tante et elle disait aux gens qu'on croisait “es la hija de mi primo Manuel, el francés, la nieta del Manuel” « c’est la fille de mon cousin Manuel, le français, la petite fille du Manuel ». Ici le stress, les horaires n'existent pas, non, on est bien loin de la ville.

La ville justement, Séville, à laquelle on allait de temps en temps. Elle m'émerveillait. C'est là-bas qu'habitaient mes cousins. Los toldos de la Calle Sierpes, el Real Alcázar, les palais, les boutiques, les petites rues du barrio de Santa Cruz, c'est drôle aujourd'hui de comparer ces souvenirs d'enfant que j'ai toujours avec les réalités que je connais maintenant. Je me souviens d'une visite nocturne de Séville avec un ami de mes oncles, une visite rythmée d'anecdotes, de mythes et de légendes. Qu'est-ce que cette ville me faisait rêver! Que je la trouvais belle! Mon père, qui a étudié à Séville, m'en parlait aussi: la Feria, la Semana Santa, au fil des années nous suivions toutes ces traditions de loin, nous les voyions à la télé, je m'y préparais prenant de cours de danse flamenco, rêvant de porter une robe de gitana un jour et de marcher sur le sable du Real de la Feria.

Et bien maintenant je la connais Séville, j'ai habité dans le quartier de Santa Cruz, au cœur même du centre touristique, et dans le barrio de las calles Feria/San Luis, quartier populaire du centre de Séville. J'ai aussi habité à Tomares, village des hauteurs (EL Aljarafe) de Séville. Je me suis émerveillée devant les couleurs, les robes, les musiques de la Feria, et j'ai été émue durant les processions del Silencio durant la Madrugá. Je me suis baladée, perdue dans ces petites rues du Barrio de Santa Cruz, j'ai flâné dans les rues de Triana, ou sur cette promenade longeant le Guadalquivir, je suis entrée dans les palais et les églises (magnifique Casa de Pilatos…). J'ai aussi connu les embouteillages du matin pour aller au boulot, du vendredi après midi pour sortir de Séville en direction de la plage. J'ai vécu les travaux successifs, la création de la piste cyclable de la Ronda de Capuchinos, les travaux du métro, l'interminable restauration de l'église du Salvador.... J'ai connu le froid des maisons pas préparées pour l'hiver (même en Finlande je n'ai pas eu aussi froid) et les airs conditionnés à pleine puissance qui me faisaient tomber malade lorsque dehors il faisait plus de 40 ºC. J'ai admiré la vue depuis le pont de Triana, depuis le haut de la Giralda ou encore de la Torre Triana, j'ai senti le jasmin fleuri dans les jardins du monastère de la Cartuja sous une douce lumière de septembre, j'ai glissé sur le fleuve Guadalquivir en admirant ses berges calmes, je me suis assise auprès d'une fontaine dans les palais de l'Alcazar, j'ai admiré le pavillon d'Hassan II au milieu du délabrement des restes de l'expo 92... Oui je connais ses travers mais je l'aime toujours autant, cette ville. Elle est chargée d'histoire, elle est authentique, elle ne se modernise pas beaucoup, elle n'évolue pas très vite, elle n'est pas très propre, ni très organisée, elle manque de routes, de ponts mais… elle est pleine de charme...

Et puis vivre à Séville m'a permis de voir bien d'autres trésors de cette terre: Almería et son Cabo de Gata, Málaga et El Palo, Cádiz et sa plage de la Caleta, mais aussi La Sierra Norte, les plages de Zahara de los Atunes, celles de Punta Umbría, les patios de Cordoue, Grenade et son Alhambra et tant d’autres choses… 

Oui, l'Andalousie est une terre riche et changeante. Elle mérite de s'y arrêter, de l'explorer... et je crois l'avoir fait autant que je le pouvais.

J’ai longuement hésité à écrire cette deuxième partie. D’abord parce que c’est un blog public et que je ne peux pas parler aussi librement que je le voudrais. Peur de la critique ? Non, peur de la mauvaise interprétation, envie de ménager les susceptibilités des uns et des autres. Et puis il faut le dire aussi tout n’est pas encore clair dans ma tête, tantôt par ci, tantôt par là. Chaque pays, ville où l’on vit nous délivre après quelques mois ses qualités mais aussi ses défauts.

Sevilla : mi cultura

« Aquí se vive bien » (“Ici on vit bien”). Voici l’une des premières phrases que l’on m’a dite quand je suis arrivée à Séville, puis régulièrement, à plusieurs reprises, ce refrain repris par tout le monde… « Aquí hay calidad de vida » (“Ici il y a de la qualité de vie”).

L’accueil

Je n’ai jamais eu l’impression d’être étrangère. J’ai été accueillie par ma famille comme une Narbona de plus qui rentrait chez elle. Certains me taquinaient un peu en m’appelant « guiri » mais ils ne me traitaient pas comme telle. Beaucoup de gens m’ont dit : « Si tú eres más Sevillana que yo » (« Tu es plus Sévillane que moi » ou encore « Esta nunca se irá »  (« Celle-là ne partira jamais ») et quand j’ai décidé de partir : « ¿Cuándo vuelves ?  ¡Si tú eres de aquí ! Volverás dentro de ná». (« Quand est-ce que tu reviens ? Mais si toi tu es d’ici. Tu reviendras dans pas longtemps »)

Connaître des gens est très facile, surtout pour une fille… Se faire des amis est un peu plus difficile mais là encore j’ai eu de la chance.  J’ai connu des gens incroyables : de la famille que je connaissais si peu et qui maintenant me manque, des amis erasmus de passage, des étrangers amoureux de cette terre, et des andalous de 20, 25, 30  ou 40 ans, des connaissances, des collègues, des amis qui m’ont aimée, qui m’ont aidée, qui m’ont accueillie chacun à une période durant ces deux années.

Les traditions

La semana santa : De la tradition pure. Une ville entière bloquée pour l’occasion.  Je ne voudrais pas répéter tout ce que j’ai déjà raconté sur le moment. Je vous invite à retrouver les liens de ces semaines 2005 et 2006 et aussi .

Et puis bien sûr la Feria. Rêve d’enfant enfin réalisé. Ma première feria (en 2005) a été incroyable : une explosion de sensations : visuelles, sonores, émotionnelles. C’était bien au-delà de tout ce que j’avais imaginé.  Je les ai vécues à fond ces ferias jusqu’à ce que mon corps ne puisse plus suivre : le matin au boulot, à 15h marchant sur l’albero et jusqu’à l’aube pour prendre une douche avant le retour au boulot. Rappelez vous les posts de 2005 et 2006.

Et toutes les autres ferias d’Andalousie, à retrouver au fil des pages de mon blog….

Le boulot

Aaah… le boulot ! Comme dans tout le reste il y a du bon et du mauvais ….

Le petit dej est une des meilleures coutumes andalouses. Dans pratiquement toutes les entreprises on sort prendre son petit dej dans un bar à l’extérieur entre collègues. Ça permet de se connaître mieux dans un cadre plus détendu. On parle boulot mais on parle aussi vie privée, projets personnels…. Ici il est fréquent d’aller prendre une bière avec ses collègues le soir ou le vendredi après midi. Il est normal aussi d’inviter ses collègues, ses chefs à son anniversaire ou à son mariage. Je me souviens que mon chef de la Cruzcampo m’avait dit l’un des premiers jours : « Ici, c’est pas comme en France, tes collègues c’est ta deuxième famille, s’il y a quelque chose qui va pas il faut nous le dire ».

Mais il y a l’autre face. La génération des Espagnols diplômés entrant dans la vie active est appelée « Los mileuristas ». Beaucoup de Bac+5 commencent leur carrière avec un salaire d’environ 1000 euros qui ne va pas beaucoup augmenter jusqu’aux 30-35 ans (on n’arrive pas à beaucoup plus de 2 000 euros brut). J’étais très étonnée en arrivant de voir que la plupart des jeunes proches de la trentaine vivaient encore chez leurs parents ou en collocation. Mais j’ai compris en voyant les salaires.

Et puis dans le domaine du consulting, les heures sup, les vacances non prises, le travail le soir et le we sans compensation d’aucune forme et toujours avec le même salaire… Plus on passe d’heures au bureau mieux on est vu. En arrivant dans cette boite j’ai demandé : mais vous n’avez pas de syndicats ? Un syndicat ? Mais on est cadres ! C’est pour les ouvriers les syndicats. Là il y a un vrai retard social….

La philosophie de vie

Aaaaah… le fatalisme andalou. Mon grand-père allait se coucher tous les soirs en disant : Hasta mañana si Dios quiere. A quoi bon se préoccuper du lendemain si demain nous pouvons être morts ? Pourquoi penser trop loin si aujourd’hui nous pouvons être heureux en n’y pensant pas. Le bon côté : voir des gens souriants, heureux, positifs tous les jours (pas des râleurs qui ne sont jamais contents comme les Français).

Une manière de vivre très différente donc. Le soir après le boulot ou le we on se retrouve en famille ou entre amis. On boit des bières sur les terrasses bondées au soleil, on rit, on oublie ses problèmes, on chante, Le soir on se fait beau, les femmes sont belles, maquillées, coiffées, les hommes aussi avec leurs cheveux gominés et leurs chemises à la mode. On sort toute la nuit et on boit beaucoup. Que demander de plus ? On est heureux, non ?

Un ami originaire du Nord de l’Espagne me disait quand je suis arrivée à Séville : « Tu verras, le mieux, à Séville, ce sont les relations sociales. Ici, il n’y a pas de conflits, les gens ne râlent pas, ne se fâchent pas, ne montrent pas ce qu’ils pensent, ils prennent sur eux et affichent un beau sourire ou font une blague ». Eh bien c’est vrai, ceci permet des relations beaucoup plus faciles mais cela mène aussi aux dérives dont je parlais au travail. Pourquoi provoquer des conflits si, après, ça crée une mauvaise ambiance ?

Je me surprends maintenant à évoquer cette musique reggaetón, ces soirées en discothèques si insouciantes. J’ai passé deux ans à Séville. Pourtant je suis partie, et ne le regrette pas. J’aurai pu rester, il est si facile de s’adapter, de ne pas se poser de questions, vivre au jour le jour sans penser à ce qui se passe en dehors. Les andalous ont peut-être trouvé la recette du bonheur mais elle ne m’aura pas convaincue j’ai encore besoin de voir ailleurs ; peut-être ne s’étaient-ils pas trompés, je suis une citoyenne du monde…

Edit ! Comme promis, voici 2 photos de notre rencontre !

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Posté par Mailis à 11:21 - 3. Expat à Séville - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Nostalgie

Que d'émotions en lisant ces lignes... Quelle évolution en deux années! Non, je ne regrette pas d'être partie, je ne regrette pas non plus un seul des instants que j'ai vécu à Séville. J'aime cette ville du plus profond de mon coeur. J'essaierai d'être là pour la Feria cette année encore et j'espère qu'on se croisera enfin ;-))

Posté par Vana, 11 avril 2007 à 13:02

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